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La Dernière Heure du 09/08/2001   Infos > Faits divers              

  

  

Les assurances visent la rentabilité (09/08/2001)

 

Les personnes âgées ne représentent pourtant pas le plus gros risque

BRUXELLES Que les compagnies refusent d'assurer les mauvais conducteurs et ceux qui présentent un gros risque, cela peut se comprendre. Mais le cas de cette septuagénaire au bonus-malus zéro qui voit son assurance auto non renouvelée est pour le moins étonnant.

L'âge avancé d'un conducteur serait-il donc devenu un critère décisif pour exclure quelqu'un? A l'Union professionnelle des entreprises d'assurances, on nous signale que ce sont des cas très rares, ce n'est vraiment pas une politique systématique.

D'un point de vue légal, l'assurance a parfaitement le droit de faire cela. L'assurance vaut pour un an. Au terme du contrat, un des deux contractants peut très bien décider de façon unilatérale de ne pas reconduire celui-ci, précise Peter Wiels, porte-parole de l'Upea.
Dans ce cas-ci, cette exclusion peut s'expliquer soit par un assainissement soit par un rajeunissement du portefeuille de la compagnie. Il faut savoir que les compagnies d'assurances ont une obligation légale et économique de rentabilité sur leur portefeuille. L'assainissement des portefeuilles qui se produit à l'heure actuelle s'explique simplement parce que ce n'est pas évident pour les assureurs auto de sortir du rouge. Elles n'engrangent pas assez de primes pour payer la charge de sinistres, ajoute Peter Wiels. Donc elles s'arrangent pour éliminer ceux qui sont susceptibles d'augmenter cette charge.

Là où ça devient étonnant, c'est que les conducteurs âgés ne sont pas, contrairement à ce que certains croient erronément, considérés comme gros risque. En effet, selon les statistiques de l'Institut belge pour la sécurité routière (IBSR), c'est la tranche d'âge des 18-24 qui est considérée comme la plus à risque.

Les 60 ans et + sont les moins victimes d'accidents. Ainsi en 2000, on dénombre 7.033 victimes dans les 18-24 ans pour 3.885 chez les seniors de plus de 60 ans.

La décision de la compagnie est donc de ce point de vue plutôt incompréhensible. Mais la septuagénaire ne devrait pas avoir de mal à se réassurer ailleurs, assure Peter Wiels.

Michaël Kaibeck