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Le
SOIR du vendredi 22 juillet 2005, page 6 Des
experts...plus experts JEAN - PIERRE BORLOO L'expertise
judiciaire : matière essentielle et sensible. Elle éclaire le juge sur
des questions techniques, donne une orientation cruciale aux procès, détermine
parfois l'avenir d'une personne. Elle est donc convoitée et critiquée.
Tant les assurances que les victimes en attendent beaucoup. Le
monde politique est conscient de l'importance de ces expertises. Pas
moins de sept propositions de loi sont en chantier en vue d'améliorer
le système. Le Conseil supérieur de la justice (CSJ), sollicité par
le président de la Chambre, vient de remettre un épais avis sur ces
propositions. L'idée
est d'éviter les longueurs inutiles de la procédure et d'augmenter la
qualité des expertises. Le CSJ soutient l'idée de créer une liste
d'experts au niveau de chaque cour d'appel ou du travail. Imposer un
critère d'âge serait trop contraignant, mais le CSJ insiste sur
l'importance des critères de qualité. Cette liste serait diffusée à
l'échelle nationale et publiée au « Moniteur ». Le
juge pourrait exceptionnellement désigner un expert hors de cette
liste. Quant aux parties concernées par l'affaire, elles auraient aussi
la possibilité de proposer un expert au tribunal. Pour, le CSJ, il
faudrait retenir également l'idée d'une évaluation permanente de la
qualité du travail des experts désignés. L'expertise
judiciaire ne doit pas se substituer au travail du juge, elle doit juste
l'éclairer. Le CSJ préconise dès lors d'inscrire dans le Code
judiciaire le caractère subsidiaire de l'expertise. Et de généraliser
l'expertise simplifiée telle qu'elle existe actuellement uniquement en
appel. Rapidité
rime aussi avec démarrage précoce de l'expertise. Le CSJ soutient la mise en mouvement automatique de l'expertise à l'intervention du
greffe. Par contre, finie la possibilité pour les parties de
proroger le délai fixé pour l'exécution de l'expertise, Le juge
pourrait aussi intervenir en cas de lenteurs exagérées et l'expert se
verrait même infliger des sanctions dans certains cas. Autre
prérogative du juge : désigner la partie qui devra consigner, en tout
ou en partie, la provision de l'expert et, à terme, le payer. Des
aspects techniques à revoir dans différentes propositions de loi. La
prise en compte du rôle de différents lobbies pesant sur les
expertises (assurances, grosses firmes, mutuelles, institutions...) se
fera, on l'espère, lors du débat parlementaire. Une
indemnité dix ans après Victime, attendez : la justice et ses auxiliaires ne sont pas pressés.
En résumé, c'est le message lancinant adressé à Edouard Finné
depuis huit ans déjà (1). Victime de deux accidents de la
circulation,en 1997 et 1999, il cherche, depuis, à
faire évaluer son incapacité afin d'être indemnisé à la
mesure de son handicap. Entre un expert qui ne voit pas de lésion
cruciale sur une radiographie et un expert qui se montre peu indépendant
des sociétés d'assurances, la victime en voit de toutes les couleurs.
Fin 2004, enfin, son affaire est plaidée devant le tribunal de
police. Le 22 février 2005, un jugement désigne un nouvel expert afin
de synthétiser les avis de médecins déjà joints au dossier. La
victime entrevoit enfin le bout du tunnel. Fin juin, nouvelle désillusion.
L'expert désigné se rend compte qu il intervient de temps en temps
pour une compagnie d'assurances impliquée dans le dossier. Il décline
alors la mission qui lui a été confiée.
Retour au point de départ. Début août, le tribunal de police devra à
nouveau se réunir, afin de désigner un autre expert. Qu'il faudra
ensuite informer sur le cas a analyser. Le nouvel expert devra encore
mener ses investigations, puis rédiger son rapport et le communiquer à
la justice. A terme, un nouveau débat devant le juge pourra enfin
aboutir à la détermination du dommage et la part d'indemnisation qui
reviendra à la victime. Peut-être dix ans après le premier accident. J.
-P. B. (1)
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