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| Télé Vif du 9 au 15 février 2002 Laurent SMITZ | |
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Accidents de travail : les abus des assureurs
« Mon père est décédé dans un accident de la route en quittant son lieu de travail», explique cette Liégeoise de 30 ans. «L'autre véhicule était conduit par une personne en défaut d'assurance. Refusant de prendre en charge l'indemnisation de la famille, les deux compagnies d'assurances n'ont cessé de se renvoyer la balle ! » Résultat : les proches du défunt n'ont jamais touché le moindre franc. «Autant savoir», jeudi à 20.15 sur La Une, se penche sur les déboires juridico-financiers de plusieurs victimes d'accidents du travail. Après une telle mésaventure, comme après tout sinistre donnant lieu à une indemnisation d'ailleurs, la victime ou ses proches s'engagent souvent dans un parcours du combattant semé d'embûches, dont ils sortent rarement gagnants. Jean-Paul Tieleman, avocat spécialisé en droit des assurances, est l'auteur du «Premier guide de la victime» (éd. Labor). Il dénonce le pouvoir abusif que les compagnies exercent sur des victimes souvent fragilisées. Comment expliquer cette difficulté d'obtenir une indemnisation équitable ? Les victimes sont de plus en plus isolées, abandonnées à elles-mêmes face au pouvoir financier d'assureurs incroyablement puissants. Ceux-ci sont même parvenus à phagocyter une partie du pouvoir judiciaire à tel point qu'ils font eux-mêmes la loi. Qu'en est-il au niveau des accidents de travail ? Le régime de l'indemnisation d'un accident du travail est organisé par la loi du 10 avril 1971. Les assureurs déploient, dans ce domaine comme ailleurs, des trésors d'imagination pour constamment remodeler la notion d'accident du travail et pour tenter de la rétrécir toujours un peu plus. Ils disposent d'équipes de juristes et d'avocats à leur entière dévotion. Vous parlez dans votre livre des pièges de l'assurance et autres arnaques potentielles. Quels sont-ils ? L'arme la plus redoutable que les assurances ont mise au point est le tableau dit indicatif des dommages et intérêts forfaitaires. Cet outil a évidemment été taillé sur mesure par et pour les assureurs. Si l'on s'y réfère, on voit que le dommage moral indemnisable pour la perte d'un époux est de 8.676,27 € (350.000 FB) ! Une somme tout simplement indécente. Les assureurs cherchent à débourser le moins possible et l'intérêt de la victime est le cadet de leurs soucis. Comment se protéger ? Il est indispensable de se faire assister par un avocat en s'assurant que ce dernier n'est lié à aucune compagnie d'assurances. Le médecin-conseil choisi par la victime doit aussi être indépendant car certains assureurs imposent à ces médecins une moyenne annuelle, exprimée en pourcentage, en taux d'incapacité permanente, toutes victimes confondues ! Leur but est donc de minimiser, par tous les moyens, les conséquences d'un accident pour une victime. Celle-ci peut demander à son médecin de lui certifier par écrit qu'il n'est inféodé à aucune compagnie. L'avocat et le médecin-conseil doivent assister la victime dans toutes les réunions d'expertise afin d'empêcher tout marchandage entre un expert judiciaire et le médecin-conseil de l'assureur. Tout ce petit monde se fréquente à longueur de journée...
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| « Le dommage moral indemnisable pour la perte d'un époux est de 8.676,27 € (350.000 FB) ! Une somme tout simplement indécente», s'insurge Jean-Paul Tieleman, avocat spécialisé en droit des assurances | |
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Entretien: Laurent SMITZ . |
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à lire «Premier guide de la victime», Jean-Paul Tieleman (éd. Labor)
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